Caricatures… Entre intimidation et provocation, faut-il vraiment choisir ?



Le 16 octobre 2020, un homme a été froidement assassiné avec une mise en scène sinistre et abjecte. Il s'agit, comme chacun le sait d'un professeur d'histoire-géographie qui, pour enseigner au sujet de la liberté d'expression, avait montré à ses élèves une caricature du prophète de l'Islam publiée par un journal satirique.


A partir de là, le débat s'est enflammé sur le thème "pour ou contre les caricatures".

La polémique s'étend maintenant bien au-delà de notre pays et agite une partie non-négligeable de la planète. C'est sur ce débat-là et non sur la mort tragique et si triste du professeur que j'écris ces lignes.


Il me semble que dans le débat qui s'en est suivi, les fanatiques justifiant le terrorisme et les supporters des caricatures, voudraient nous enfermer dans une alternative qui ne correspond pas aux vraies questions qui sont en jeu.


En effet, les uns et les autres voudraient nous amener à donner une seule réponse à deux questions bien différentes.


Les deux questions en jeu sont, d'une part, peut-on justifier la violence terroriste et, d'autre part, est-il correct de se montrer provocant et irrespectueux vis-à-vis des croyances d'autrui.


Ceux qui minimisent la gravité de l'acte terroriste voudraient qu'on octroie une sorte de "circonstance atténuante" aux fanatiques meurtriers au nom du respect du sacré.

Cet argument est inacceptable car rien ne justifie la violence, pas même le blasphème.


Pierre écrit aux chrétiens : "Soyez toujours prêts à vous défendre face à tous ceux qui vous demandent de justifier l’espérance qui est en vous. Mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience pure afin que ceux qui médisent de votre bonne conduite de chrétiens aient à rougir de leurs calomnies." (1Pierre 3.15–16).


Ceux qui veulent justifier la provocation des caricaturistes au nom de la liberté d'expression voudraient établir un droit, voire une valeur à l'irrespect vis-à-vis de ce qui est sacré.


Quand bien même ce ne serait sacré que dans l'esprit des gens, la Bible nous montre que les vrais serviteurs de Dieu s'abstiennent de manquer de respect aux croyances des autres.


Lorsque Paul a été violemment pris à partie et menacé pour sa prédication de l'Evangile dans la ville d'Ephèse, le secrétaire de la ville a été obligé de reconnaître ceci : "Vous avez amené ici ces hommes qui n’ont pourtant pas pillé de temples et n’ont pas fait insulte à notre déesse." (Actes 19.37). Comme quoi, Paul, pas plus que les autres apôtres, n'était pas un adepte de la provocation.


Restons lucides dans ces moments tragiques. Compatissons avec ceux qui souffrent et refusons de justifier ce qui ne doit pas l'être car chaque question mérite une réponse différente et appropriée.


Laurent BOSHI

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