COMMENT VIVRE AVEC LE RISQUE SANITAIRE ?


Un homme dit à sa mère de 85 ans : "tant qu'il y aura l'épidémie, je ne veux pas que tu sortes, ou même que tu vois les petits enfants parce que je ne veux pas que tu meures, je ne veux pas te perdre".


Et sa mère lui répond : "si ça doit durer encore longtemps, je préfère mourir que de vivre comme ça."



La Bible ne parle pas de Covid19 mais elle contient des principes qui peuvent nous guider pendant la crise sanitaire actuelle.

Je voudrais partager avec vous quelques principes de l’Écriture sur notre façon de vivre avec le risque et vous expliquer pourquoi - dans le contexte précis de l'Eglise La Nouvelle Arche à Marignane - la vraie responsabilité consiste non pas à retarder notre reprise des réunions mais à appliquer sans relâchement la vigilance sanitaire et les gestes barrières.

La Bible a des choses à dire sur le risque sanitaire et même sur la distanciation physique.


  • Luc 17.12-14 : "Comme Jésus entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils se tinrent à distance et se mirent à lui dire: «Jésus, maître, aie pitié de nous!» - Lorsqu’il les vit, Jésus leur dit : « Allez-vous montrer aux prêtres. » Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris."

Vous avez vu la distanciation physique ? Ils se tinrent à distance pour lui demander pitié, c’est-à-dire la guérison.

Ces hommes étaient malades, ils étaient contagieux et ils ont eu le comportement sanitaire approprié.


Est-ce que vous savez pourquoi ils ont appliqué la distanciation physique ?

Tout simplement parce qu’ils ont respecté la loi, celle de l'Ancien Testament :

  • Lévitiques 13.45-46 : "Il faut que l’homme atteint de lèpre porte des vêtements déchirés, ne se coiffe pas et se couvre le bas du visage ; il doit crier : “Impur ! Impur !”


On sait aujourd’hui que dans la plupart des cas, la lèpre se transmet surtout par la toux et les éternuements.

Se couvrir le bas du visage, c’est-à-dire jusqu'à la lèvre supérieure était un signe de deuil mais aussi un masque avant l'heure.


Je continue : "Il est impur aussi longtemps qu’il est atteint de son mal ; c’est pourquoi il doit avoir sa demeure à l’écart des autres gens, en dehors du camp."

Les lois de l'Ancien Testament ont façonné la distanciation physique des personnes atteintes des différentes formes de la lèpre. Comment ?

  • En leur demandant d'habiter à l'écart.

  • De se couvrir la barbe jusqu'à la moustache, ce qui, au passage, empêchait les projections salivaires.

  • En leur ordonnant de prévenir de loin les autres de leur impureté contagieuse. Ils devaient crier "impur, impur" pour qu'on les entende de loin et que du coup, on garde ses distances.


On a donc ici le principe de la distanciation physique moderne et même des gestes barrières.

Alors, c’est vrai, la motivation première des prescriptions de la loi de Moïse était la pureté rituelle et non pas sanitaire.

Les règles étaient souvent symboliques parce qu'on était dans l'Ancien Testament et que la réalité spirituelle apparaît surtout dans le Nouveau Testament.

Mais il n'empêche que ces règles rituelles ont façonné un comportement sanitaire approprié.

Parce que le lépreux se sachant malade se tenait à distance des autres pour ne pas communiquer sa maladie.


Tout cela nous apparait très moderne mais a au moins 3500 ans…

En réalité, nos quarantaines et nos quatorzaines d'isolement étaient déjà pratiquées dans la loi de l'Ancien Testament :

  • Lévitiques 13.4-6 : "Le prêtre met le malade à l’isolement pour une semaine. Le septième jour, il refait un examen : s’il constate que la tache n’a pas changé - et ne s’est pas étendue sur la peau, il met le malade à l’isolement pour une deuxième semaine. A la fin de celle-ci, il procède à un nouvel examen…"

Au passage, cela n'a pas empêché Jésus-Christ de guérir les lépreux miraculeusement

Dans le cas que j'ai cité, Jésus-Christ les a guéris à distance sans les toucher.

Jésus leur a dit d'aller vers le prêtre : c'était pour faire constater leur guérison.

Et leur guérison est intervenue en chemin pendant qu'ils obéissaient à l'ordre de Jésus avec foi espérant la guérison.

Dans d'autres circonstances, Jésus a touché le malade contagieux et a transgressé le tabou pour guérir (Luc 5-12-13). Comme quoi, le Fils de Dieu est maître même de la distanciation physique et des gestes barrières.


Car la distanciation physique a été faite pour le bien de l'homme et pas l'inverse.

Ceci dit, si nous voulons nous affranchir des règles de distanciations physique, nous avons intérêt à avoir les mêmes résultats miraculeux que le Seigneur Jésus.

Mais il y a d'autres principes de l’Écriture que nous allons mettre en miroir avec ceux-ci pour faire l'équilibre.




L'Ecclésiaste, c'est le sage, et ici, il nous met en garde contre l'excès de prudence.


L'image qu'il utilise est celle d'un cultivateur trop prudent parce que trop hésitant

Il ne trouve jamais que c'est le moment de semer parce qu'il pourrait y avoir du vent qui emporte la semence.

Le problème est que du coup, il n'ensemence jamais son champ, ce qui pour un cultivateur, est quand même le pire choix

Idem pour la moisson : comme il attend toujours la météo parfaite, il rate les occasions raisonnables.

Ça me fait penser à l'expression : "le mieux est l'ennemi du bien".

C'est ainsi que l’Écriture nous met aussi en garde contre l'excès de prudence ou plutôt la prudence mal placée.

Ecclésiaste 7.16 : "Ne sois pas juste à l’excès et ne te montre pas trop sage."

Et, voyez-vous, dans notre méditation aujourd’hui, nous pouvons appliquer ce principe à la question du risque.

On parle aujourd’hui du principe de précaution et, comme nous l'avons vu, c'est biblique ou c'est divin.



Si vous sortez de chez vous, vous risquez d'être percuté par une voiture.

Il y a une probabilité statistique, faible mais réelle, que vous tombiez dans un attentat.

Mais si vous ne sortez pas de chez vous, vous risquez d'autres dangers très graves à commencer par perdre votre travail.

Si vous faites du sport, vous risquez un accident, mais si vous ne faites pas de sport, vous risquez l'infarctus.

Quand vous prenez le train, la voiture ou l'avion, vous avez toujours la probabilité d'un accident mortel.

Mais ce n'est pas une raison pour arrêter de vivre et de voyager.


C'est pour ça que j'ai donné comme titre à mon message:



Celui qui est trop prudent ou plutôt mal prudent, non seulement ne fera jamais rien mais aussi se met en danger.

Le risque fait partie de la vie !


Le chrétien est quelqu'un qui sait où il va et qui est capable de se poser sereinement la question de sa mort.

Je vais prendre des exemples extrêmes pour illustrer le principe qu'il faut parfois assumer des risques :

  • Esther : elle avait le choix entre sauver sa peau ou prendre le risque de parler pour son peuple. Elle a choisi le risque en disant : "et si je dois mourir, je mourrai" … mais elle n'est pas morte…

  • Les amis de Daniel avaient le choix entre se prosterner devant une idole ou être jeté au feu. Et ils ont préféré prendre le risque du feu que d'être infidèles à Dieu parce que ce risque-là est plus grave que l'autre. Ils ont dit : "Dieu peut nous délivrer de la fournaise ardente, mais même s'il ne le fait pas, nous n'adorerons pas l'idole… et Dieu les a délivrés de la fournaise ardente. »</